Arno
Chaque empreinte représente un individu, une identité propre, indissociable de sa personne. L’empreinte digitale est unique, permanente, inaltérable. Elle nous suit toute notre vie, là où le visage peut changer, là où le genre peut évoluer, elle demeure. Une photographie, un nom, un genre ne suffisent pas à nous
définir pleinement. Mais l’empreinte, elle, résiste. Elle est une constante silencieuse de notre existence.
Dans ce travail, j’ai réalisé différentes empreintes digitales, chacune pensée comme un autoportrait abstrait. Certaines ont été volontairement fracturées, puis recollées. Ces gestes plastiques symbolisent les épreuves de la vie : les blessures, les cicatrices, les chocs, mais aussi les réparations, les reconstructions, les renaissances. Les lignes brisées deviennent des lignes de vie, des trajectoires humaines chaotiques, faites de chutes et de relèvements.
Ces empreintes « réparées » montrent que l’identité, même stable en apparence, porte en elle l’histoire d’un corps, d’un vécu, d’une mémoire. Derrière chaque motif, il y a un chemin de vie, parfois tortueux, parfois lumineux. C’est cette dualité que j’ai voulu faire apparaître : la permanence de l’identité, et les fêlures qui la traversent.
Chaque pièce est une cartographie intime. Un territoire personnel, marqué, vivant, et pourtant universel. Une empreinte pour rappeler que, malgré nos différences, nous avons tous en commun cette trace indélébile qui raconte qui nous sommes.





