Arno
Les nudibranches sont de petits mollusques marins aux formes et aux couleurs extraordinaires, souvent comparés à des œuvres d’art vivantes. Dépourvus de coquille, ils révèlent une incroyable diversité de textures, de motifs et de structures, témoignant de la richesse et de la complexité du monde sous-marin.
À travers mon travail inspiré de ces organismes, je cherche à mettre en lumière la beauté fragile et souvent invisible des océans. Je choisis de les représenter à une échelle XXL afin de les rendre visibles à l’homme, de leur redonner une présence et une importance qu’ils n’ont pas à leur taille réelle.
Les mouvements des traits et des formes que je développe s’inspirent directement de leur morphologie, mais aussi du rythme de l’eau : ils évoquent les ondulations, les flux et les courants marins, créant un dialogue entre la matière, le geste et l’océan.
Je travaille le cèdre local de ma région bretonne, un matériau vivant, organique et chargé d’histoire. Ce bois, par son odeur, sa texture et ses fibres, prolonge le lien avec le vivant et ancre mes sculptures dans un territoire précis, en résonance avec les écosystèmes marins que j’évoque.
Mais au-delà de l’esthétique, cette démarche s’inscrit dans une volonté de sensibilisation. L’océan est un écosystème ancien et essentiel, dont dépend l’équilibre de la planète. Le plancton, présent sur Terre bien avant l’apparition de l’humanité, joue un rôle fondamental dans la production d’oxygène et la régulation du climat, et existera probablement encore après nous.
Face à cette temporalité, notre présence apparaît brève et fragile. Mon travail propose ainsi une réflexion sur notre impact et notre responsabilité : préserver ces mondes discrets, c’est préserver les fondements mêmes de la vie sur Terre.





