Concept Store Gallery

des galeries d'art pas comme les autres

Gros Frédérique Nadia

« Si tant est que je sache faire quelque chose, je crois que je sais regarder, et je sais aussi que tout regard est entaché d’erreur car c’est la démarche qui nous projette hors de nous même, et sans la moindre garantie. » 

Julio Cortazar « Las Babas del Diablo »

Le corps demeure  mon sujet  favori : Qu’il soit nu, vêtu, mis en scène. Il s’incarnera principalement à travers la femme. Mes photos de femmes,  lors de mes voyages en Inde, Maghreb, Asie, Afrique relayent mon regard et ma tentative périlleuse de faire naître sur la toile l’empreinte de l’effacement, de saisir ce qui se cache, ce que l’on ne voit pas. Le travail pour moi est une tentative de saisir le moment fugitif de l’être, et créer ou peindre n’est ce pas dévoiler, fixer cet insaisissable moment ? Le trait même en est l’expression, tout se transforme avec lui. Il fait apparaître, il découvre le vide, le non-savoir, évolue pour atteindre l’infini, jusqu’à l’effacement. Mes portraits en noir et blanc aux traits tracés plus violemment tentent d’exprimer paradoxalement la douceur, un sourire, la douleur, ce que je nomme « humeur exquise » et que tout le monde éprouve. Mon trait est plus rapide, agressif, alors que le sujet même est son contraire, le noir et blanc exprime plus de force et peu de nuances, moins de souplesse et plus de contrastes mais me permet dans ce geste rapide de saisir l’éphémère, l’insaisissable de la beauté.