Concept Store Gallery

des galeries d'art pas comme les autres

Beck-Boës Josiane

Le propos des mondes géomètres

« Je traverse les ombres Dans un pays si rouge Que même le silence s’y arrête. La mémoire brûlée, désintégrée. Une seule ligne retient l’espace dans cette fusion improbable. Un seul tempo pour une absence qui ronge l’âme et la fouille De sa violente introspection. »

Je dépose mon crayon et je reprends ma brosse déposée tout juste dans le pot d’huile de lin. C’est ainsi que je peints : forcer l’énergie par la couleur et l’emprisonner par une ligne de matière telle que le bambou ou les cordes. Des matières, de l’huile, un crayon. Un petit enfant de 3 ans m’a dit d’ailleurs une chose étonnante en montrant une de mes toiles : « Tu ne peux plus sortir, tu es là ». Cela m’a beaucoup touchée car la vérité me semblait si proche tout à coup. Je venais de découvrir que ma vérité était visible et cela était un peu gênant mais tellement probant puisque cet enfant en comprenait l’essence même.

Souvent, les artistes disent de leur geste (quand ils peignent) que leur main n’est qu’un outil de quelque chose de plus puissant que leur pensée, ou alors qu’ils se laissent aller (ce qui me semble revenir à la même chose). Cette façon mystique ou naïve de voir leur geste de création est sans doute une façon de s’excuser pour le langage qu’ils créent et qui leur paraît tout à coup trop introverti. Cela pourrait être une définition de ce langage que l’on qualifie d’abstrait dans le domaine de l’art. J’essaie d’exprimer ces mondes qui se bousculent et se construisent dans ma tête : prêts à l’explosion, alors ce bambou ou cette corde inventent un équilibre entre le feu et la terre.